Portrait

 Si longue soit cette vie, elle dure le temps d’un clin d’œil – et vous atteignez quelque chose comme ça dans vos travaux : une manière extrêmement rapide de capter de la lenteur, c’est à dire du songe. Ou bien on peut dire aussi : ce que d’habitude nous voyons clairement n’est fait que du néant de nos paresses, de nos savoirs. Et vous, simplement vous passez un chiffon sur la vitre sale de la clarté. 
 Merci. En souriant, Christian BOBIN

François Goalec.
Pseudonymes:
Lookace Bamber,
Hector Nabucco.
Né en 1945.
De 1968 à 2001 a résidé à Cannes et à Vallauris.
vit et travaille
à Amiens
(France)
depuis 2001.

« Je ne suis pas photographe mais je photographie. Je ne suis pas écrivain mais j’écris. Je suis peintre mais je ne peins plus. Il n’y a pas de paradoxe dans cette situation. C’est ainsi que j’avance, c’est ainsi que je m’interroge, c’est ainsi que je m’exprime. La perception d’une photographie est loin d’être innocente et qu’importent son genre et son degré de réussite esthétique. Son usage familier révèle bien souvent dans un fragment de temps les dessous d’une parole, d’un inconscient. Ellle dit et elle est ce qu’elle est, c’est à dire une  simple image, et bien souvent cette simple image d’apparence, cache et dévoile bien plus qu’elle ne montre.  Miroir et plaque sensible de l’obscur, elle révèle, elle précède la parole. (…) » LB
Extrait d’ une plaquette éditée par St’art en 2009, Nice

« Lookace BAMBER est issu de mon imaginaire. Personnage de fiction, il est une béquille de lumière à la noirceur de mes spleens. Sous l’artifice du pseudonyme, il m’autorise à jouer avec les jeux et les noms de mon je, de mourir ou de renaître comme les héros virtuels des jeux vidéo. Imaginé comme un modèle idéal inoxydable, il me mémorise un terrain d’aventure dans l’espace de mes contradictions. Partenaire, il me critique, me jalouse ou m’encense au coeur du sitcom que nous jouons ensemble dans le prime-time des temps inutiles. Futiles. Il sculpte et lévite mon Ego dans la pampa des Cultures. En usant de ce double, il dédouble ma vue et donne à mes flous d’illusoires nettetés. Whisky please. Vas chercher ailleurs le BONHEUR. Le Monde est fou, il se désaffecte des hommes. Comptable de l’inutile, Lookace Bamber totalise mes lâchetés et mes silences. Il éructe mes colères enfouies. Il en tire sa lumière, exhume des mots apatrides de ma parole et projette sur mes écrans la débauche de mes peurs. Il imprime sur l’étal de mes émois le label de ses icônes. C’est quoi le Monde ? Je me tripote. Dans la luxure de ses fantasmes Lookace BAMBER surfe sur mes limites et nique mes effets. Un vrai faux frère. » FG/HN